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« Humans of Madinina » par Clardio

16/05/2016

Vous ne pouvez pas être passé à côté des témoignages de Martiniquais, qui racontent pourquoi ils aiment la Martinique, ce qu’ils y ont vécu, et ce qu’ils souhaitent pour elle et ses habitants. Je vous laisse découvrir Claude ARNERIN (qui a accepté de nous en dire un peu plus) à l’initiative de ce magnifique projet « Martiniquais : Humans of Madinina ».

13151862_1111772238883765_1725586247981872601_nQui es-tu Clardio?

Waouuu, c’est un exercice difficile ! Je suis un citoyen du monde au cœur de la Caraïbe, qui vit en Martinique. Je suis un autodidacte qui a une passion pour les nouvelles technologies, mais aussi un homme qui aime les défis. Ma devise: « Toujours plus loin, toujours plus haut. »

Pourquoi la photo te passionne-t-elle?

J’ai commencé la photo en 2007, après avoir perdu mon emploi. J’avais alors du temps, je parcourais la Guadeloupe ( à l’époque où j’y vivais ) avec mon appareil à la recherche de beaux clichés.

La photo m’a aidé à remonter la pente. Pour moi, c’est un exutoire qui me donne l’opportunité de partager avec les autres ma vision du monde.

Raconte nous ton projet « Martiniquais »

La naissance du projet remonte au mois de Novembre 2015, je rentrais d’un voyage à Vancouver avec des étoiles plein les yeux. Un soir, je reçois le coup de fil d’une amie qui me demande de regarder à la TV,  “HUMAN” de Yann Arthus- Bertrand, le grand spécialiste de la photographie aérienne qui, à travers des vidéos, relate l’humanité, sous tous ses angles. Son projet m’a fortement inspiré. Etant photographe, je me suis dit: « Pourquoi ne pas mettre en photos tous ces visages qui enrichissent notre île ? »

Plus tard, au mois de Janvier 2016, dans la naissance de cette idée, je découvre le projet photographique « Humans of New York » de Brandon Stanton, qui donne la parole aux New-Yorkais.

C’est décidé, je fais une ôde à la Martinique, à travers la richesse et la diversité de ses habitants : Les Martiniquais.

Quelle expérience en tires-tu?

Que du positif ! Ca m’aide à grandir et aussi à comprendre que la vie est complexe ici. Mais que nous avons cette opportunité de vivre dans un environnement merveilleux. Ça semblera bizarre, mais je suis un grand timide, ce projet m’aide à aller au-delà, car aborder ou contacter une personne que tu ne connais pas n’est pas un exercice facile. Au-delà des clichés, il y a des personnes merveilleuses en Martinique.

Et je comprends que nous devons aller au delà de ce que nous voyons.

As-tu d’autres projets en cours?

Non. Car le projet “ Martiniquais ” me prend beaucoup de temps.

Je dois finir la saison 1. Ensuite m’atteler à la préparation de la saison 2 avec des nouveautés.

Si tu devais formuler une question commençant par « Et si? » Quelle serait-elle?

Et si nous partagions plus d’amour entre nous ?

Un dernier mot?

Merci, car souvent nous ne prenons pas le temps de dire merci.

Merci aux personnes qui m’aident sur ce projet .

Merci aux participants et futurs participants de ce merveilleux projet.

 

Et merci à toi Clardio, pour cette ôde aux « Martiniquais » 😉

En attendant le site Internet, je vous invite à suivre ce beau projet sur les réseaux sociaux

Facebook : Martiniquais: Humans Of Madinina

Twitter : @mqstory

Instagram : martiniquaistory

Portraits

Léa, Femme engagée

11/03/2016

Qui es-tu Léa?
Vaaaste question! je vais tenter d’y répondre le plus simplement que possible ☺. Âgée de 28 ans, je suis née à Paris dans le XIIème arrondissement, d’un père martiniquais et d’une mère guadeloupéenne. J’ai grandi en Martinique entre le François et le Lamentin. Très attachée à mes cultures – cette expression me tient à cœur – je suis martiniquaise, guadeloupéenne, caribéenne, française et européenne. Toutes ses influences m’ont modelée et j’ai fini par accepter qui je suis sans peur des libellés.

2. Quel est ton parcours personnel et professionnel?
Partie étudiée à 19 ans en France Hexagonale j’ai pu me perfectionner dans des domaines qui me passionnaient sans contraintes. Les trois principaux sont le commerce international, la communication et le tourisme. J’effectue actuellement un Master 2 en Tourisme Durable et aménagement dans la faculté d’éco-droit sur le campus de Schoelcher de l’université des Antilles.
J’ai fait pléthore de petits boulots cela va d’hôtesse d’accueil à tutrice de formation en passant par l’enseignement et le tourisme.

3. Tu es engagée bénévolement auprès d’associations. Pourquoi cet engagement bénévole? Et pourquoi ces associations ?
Mon engagement trouve son fondement dans l’aide à l’Autre. J’ai pris conscience assez tôt d’être privilégiée. Pas dit riche, mais bien privilégiée.
Des parents aimants, de la nourriture, un endroit sûr où vivre, la possibilité de m’épanouir et d’étudier ce qui me passionne, toutes ces petits choses que l’on considère comme acquises. Ayant eu tout cet amour, je me suis dit qu’il était un devoir pour moi de le redistribuer en aidant d’autres personnes, comme moi même, qui eux n’avaient pas forcément eu toutes les cartes que j’ai eu.

4. Quel regard portes-tu sur le bénévolat aujourd’hui?

À mon sens lorsque l’on fait du bénévolat notamment dans l’action social et l’humanitaire, il est important de garder à l’esprit qu’en face de soi, l’on a des femmes et des hommes, dans une mauvaise passe à un moment précis de leur vie mais que demain est un autre jour et que cela ira mieux.
La notion d’humanité est pour moi primordiale pour comprendre pourquoi le bénévolat est de plus en plus plébiscité. Certaines couches de la société qui n’avaient jusqu’alors aucune idée du besoin ou de la détresse qui les entourait la voient de leurs propres yeux.
En Martinique le lien social a toujours été très fort, dans le quartier, dans l’immeuble, le fait de vivre ensemble nous permet de savoir qui est dans le besoin et généralement l’aide est juste comme il faut sans chichi et sans compteur. Cela fait partie de notre ADN, mais je suis une éternelle optimiste et je me raccroche à l’idée que cela existe toujours ;-).

5. Depuis combien de temps es-tu bénévole?
C’est lors de mon arrivée au Lycée que j’ai commencé à m’investir (beaucoup trop au goût de mes parents) dans le milieu associatif tout d’abord. Le bénévolat dans le domaine social et humanitaire est revenu dans mon parcours de vie lorsque j’ai décidé de m’établir en Martinique il y a un peu moins de 2 ans.

6. Parles-nous des associations auprès auxquelles tu es engagée, des expériences professionnelles et personnelles que tu as vécues, et ce que tu en retiens.
Les deux associations dans lesquelles je suis engagée sont Jahaïr et Soulajé Difikilté Frew – SDF. L’action de Jahaïr est essentiellement centralisée sur Haïti, où on aide, depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010, un petit village qui se situe dans l’Artibonite, le village Noé. Les membres de l’association font régulièrement des actions, en Martinique, afin de récolter des fonds pour permettre au village d’avoir de l’eau, de maintenir l’école ouverte pour les enfants du village, et prochainement un dispensaire doit être mis en place.
Un documentaire a d’ailleurs été tourné sur la dernière mission de Jahaïr en partenariat avec l’école ILERI de Paris, « Chimen Lanmou » de Yannis SAINTE-ROSE. Jahaïr n’est pas la seule association a aider ce village, l’action est multiple et donc plus forte.
Concernant SDF l’action est uniquement sur la Martinique, et c’est une association qui a pour but d’aider les acteurs qui agissent déjà en faveur des personnes en situation. On retrouve dans nos partenaires l’ACISE Samu sociale, ou en encore le CRC en mettant à disposition des bénévoles notamment. À terme l’action de SDF s’articule autour de deux grands projets :
– un food-truck qui permettra une réinsertion par le travail ;
– une plate-forme collaborative permettant à tout un chacun de rentrer en contact avec n’importe quelle association martiniquaise qui aurait besoin de bénévoles.

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Je suis juste membre de Jahaïr, mais j’ai pu vivre une expérience exceptionnelle, avec cette association j’ai pu réaliser un de mes rêves, aller à Haïti. La mission humanitaire n’a duré qu’une semaine, en février 2014, c’est d’ailleurs lors de cette mission qu’a été tourné le documentaire dont je parlais précédemment. J’ai eu le privilège de pouvoir participer à l’aide apportée au village en ramenant tout le matériel collecté des mois durant par les bénévoles en Martinique et sur Paris. Avoir le privilège de fouler cette grande terre d’Histoire, de rencontrer des haïtiens remplis de joie de vivre, je sais que cela fait cliché mais c’est Tellement Tellement Vrai!

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J’ai été la chargée de communication de SDF durant un peu plus de 18 mois. Ce type d’expériences est toujours fort en émotion, car on se donne à fond et on croit à tous les projets mis en place; mais certaines fois la vie nous rappelle à des obligations et j’ai du arrêter car ce poste demandait une grande disponibilité que je ne pouvais plus donner (j’ai repris mes études en Master 2 en septembre 2104).
« Savoir donner, s’investir, sans s’oublier !» voilà ce que j’ai appris lors de mes différentes expériences de bénévolat. J’essaye d’utiliser cette apprentissage partout dans ma vie.

7. Si tu devais formuler une idée, une réflexion, commençant par « Et si… » quelle serait-elle?
Et si l’action devenait le moteur premier. Attention je ne dis pas que la réflexion n’a pas sa place, mais le « Il faut » ou le « il faudrait » devrait être banni de nos vocabulaires.
Et si on s’asseyait pour créer le plan d’action pour aider ne serait-ce qu’un peu l’ensemble des êtres vivants de notre planète.

8. Un dernier mot?
Le bénévolat est une des formes que votre aide à l’Autre peut prendre, mais un regard, un sourire, porter les sachets d’une personne âgée, cela aussi peut nous rendre l’humanité si fragile qui nous lie.
Où que vous soyez, vous pouvez aider !

Boîte à Idées

Ce café que j’ai payé, mais que je n’ai pas consommé…

25/02/2016

 

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Il était une fois, l’histoire d’un café que j’ai payé, mais que je n’ai pas consommé…

Je suis entrée dans une boulangerie pâtisserie, et enivrée par l’odeur du pain chaud, j’ai demandé une baguette viennoise, un croissant, un jus local et un café. J’ai tout payé, sauf que je ne bois pas de café… Il était suspendu.

Jolie histoire que je n’ai pas encore eu l’occasion de vivre… Mais peut-être avez-vous entendu parler de cet élan de solidarité : le café suspendu.

L’idée : vous achetez deux cafés mais ne repartez qu’avec un. Le deuxième, vous le laissez généreusement et de façon anonyme à un inconnu qui n’a pas les moyens de s’en offrir un. Cet inconnu le saura car la boulangerie/pâtisserie aura pris soin d’ecrire sur un tableau visible depuis l’exterieur le nombre de cafés suspendus offerts par ses clients.

Je vous l’accorde, nous n’avons pas la culture « café du coin » en Martinique. Faisons alors des « Sandwichs suspendus », des « Jus suspendus », ou encore des « Pommes Cannelles suspendues »!

C’est simple, facile, et cela laisse aux personnes dans le besoin l’opportunite de profiter de cette solidarité, et trouver un peu de réconfort sans avoir à en demander. La dignité…

Le concept prend toute sa beauté quand on sait que le nombre de familles faisant appel à la banque alimentaire est croissant sur notre île.

Mesdames et messieurs les boulangers, pâtissiers, restaurateurs … Seriez-vous prêts à mettre en place le concept dans vos points de vente et restaurants?

C’est un petit geste qui fait un grand bien! Pensons-y!

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Mario, fondateur de Médiaphore

17/02/2016

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Qui es-tu Mario ?

La question courte mais ô combien difficile ! Je dirais simplement un jeune homme, oui à 32 ans, nous sommes encore jeunes, non ? Je suis donc un « jeune » homme, journaliste, chef d’entreprise et papa en même temps. Passionné par son métier, un amoureux de la vie et fan de patisserie ! Merci papa (mon père était patissier).

 

 Quel est ton parcours personnel et professionnel ?

J’ai effectué l’essentiel de mes classes en Guadeloupe. Après un baccalauréat Economie et Social et une première année d’études à l’Université des Antilles et de la Guyane (DEUG Economie et Gestion), je suis partie à Toulouse afin de poursuivre mes études avant de rejoindre Paris. Durant ma vie étudiante, j’ai bien évidemment touché à différents domaines et métiers variés tels que la restauration ou encore, l’hôtellerie, secteurs d’activité de l’entreprise familiale en Guadeloupe et j’ai également travaillé à la CAF et dans une agence d’hôtes et hôtesses en événementiel, tiens ! Une expérience inédite mais super enrichissante. Après les études, j’ai effectué un crochet par Londres où j’ai vécu un peu moins d’un an et ensuite, retour aux Antilles en 2011. C’est à partir de là qu’a débuté ma carrière de journaliste. En mars 2012,  j’ai rejoint la rédaction de RCI Guadeloupe en tant que journaliste sportif pigiste puis j’ai rejoint la rédaction de RCI Martinique, j’ai navigué entre les deux rédactions durant près de 5 ans avant de me lancer dans l’aventure de l’entrepreunariat.

Pourquoi le journalisme? Qu’est ce qui te plaît dans ce métier ?

Pour moi, c’est le plus beau métier du monde et ce, quelle que soit l’échelle à laquelle vous le pratiquez. En étant journaliste, chaque jour vous êtes au contact de sujets divers et variés, vous découvrez de nouveaux lieux, vous faites de nouvelles rencontres et ainsi de suite. Se lever le matin, arriver à la rédaction et ne pas savoir ce qui vous attend, l’innattendu, chaque jour vous devez vous adapter à l’actualité, faire preuve de réactivité. Ce que vous faites le lendemain peut-être à l’opposé de ce que vous avez traité ou couvert la veille. Un enrichissement quotidien, en résumé. Sur le plan personnel, le métier colle parfaitement à ma personnalité car je suis curieux de nature, j’aime rencontrer de nouvelles personnes, échanger avec elles, approfondir des sujets et thématiques et bien évidemment, le principal : informer la population. Apprendre soi-même, mettre en forme pour ensuite transmettre à autrui afin qu’il puisse mieux comprendre un sujet d’actualité ou une problématique.

Tu es fondateur du site d’actualité Mediaphore, explique-nous pourquoi tu as souhaité développer ce site et quelle est sa vocation ?

A travers Mediaphore, j’ai tout simplement souhaité apporté ma vision du traitement de l’actualité en outre-mer. Je n’ai rien inventé, j’ai simplement eu la chance de voyager, d’échanger avec de nombreuses personnes lors de ces dix dernières années donc je m’inspire de ce que j’ai vu et appris et je l’adapte à l’échelle locale et régionale. A travers mes rencontres sur le terrain notamment, j’ai constaté que bon nombre de nos compatriotes ultramarins ressentaient le besoin de mieux comprendre l’actualité, les problématiques actuels, les sujets et faits d’actualités. Si nous relayons l’actualité comme tout média, Mediaphore a pour vocation première d’analyser l’actualité propre à l’outre-mer. L’analyser mais aussi l’expliquer de manière simple et intuitive. C’est aussi pour cela que nous n’hésitons pas à nous appuyer sur des photos, des infographies et vidéos. En lançant Mediaphore, je ne me suis pas dit que j’allais révolutionner l’univers des médias en outre-mer mais plutôt contribuer à son évolution, en y apportant ma contribution.

Quel regard portes-tu sur le traitement de l’actualité de nos jours ?

Le traitement de l’actualité évolue avec son temps, c’est rassurant et prometteur dans un sens. Il est vrai que les canaux de diffusion de l’information ont eux aussi évolué et que le choix est beaucoup plus large avec l’avènement des réseaux sociaux et l’apparition de nouveaux outils numériques. Cependant, pour moi évolution rime parfois avec inconvénients et si j’avais un bémol à émettre, il résiderait dans le fait qu’avec ces nouveaux canaux de diffusion, le quantitatif prend le dessus sur le qualitatif. Le traitement de l’actualité apparaît parfois comme négligé parce qu’il faut aller plus vite, être le plus réactif et trouver les meilleurs moyens d’inciter le lecteur, l’auditeur ou le téléspectateur à vous suivre en continue. Les attentats en France en 2015 sont l’illustration parfaite du traitement de l’actualité avec ses bons et ses mauvais côtés.

Quelle évolution souhaiterais-tu pour la profession dans les Antilles-Guyane (au National et dans le monde…) ?

Pour moi l’avenir de la profession aux Antilles-Guyane se résume en trois évolutions:

La première, c’est l’ouverture sur le monde à commencer par la zone Caraïbe. On ne sait pas grand chose sur nos proches voisins parce qu’on ne se penche pas suffisamment sur leur actualité. Pourquoi ne pas multiplier les échanges avec nos voisins caribbéens ainsi que les collaborations dans le secteur des médias sans se limiter à la barrière de la langue.

La deuxième est en lien avec le numérique, il sera également indispensable pour la profession de s’adapter aux nouveautés et aux évolutions qui vont de pair avec la troisième évolution qu’est pour moi la formation. Que l’on puisse se former le plus souvent possible et tout au long de sa carrière afin de mieux appréhender la profession, ses évolutions, cela ouvrirait selon moi de nouvelles perspectives.

Si tu devais formuler une idée, une réflexion, commençant par « Et si… » quelle serait-elle ?

Et si, nous nous dépassions ? Repousser les limites que l’on se fixe, nous, ultramarins, qu’elles soient psychologiques, matérielles ou même financières et bannir la suffisance.

Un dernier mot ?

Merci !

Boîte à Idées

Hypermarchés : Et si on facilitait la vie aux personnes prioritaires?

16/10/2013

Une idée née d’expériences vécues…

Enceinte, puis accompagnée d’un enfant en bas âge, j’ai souvent été obligée de demander « l’autorisation » de faire valoir mes droits aux caisses prioritaires, face à des personnes qui ne l’étaient pas.

La grossesse est un fait, mais pour les personnes présentant un handicap c’est pire… J’ai déjà entendu des personnes, tout à fait valides, demander à des personnes dont le handicap n’était pas évident, de leur montrer leur carte d’invalidité… J’ai ouvert de grands yeux…

L’incivilité de certains m’a indignée. On ne devrait pas avoir à justifier son handicap à un quidam, et souvent l’agent de caisse a malheureusement d’autres priorités que de voir s’il y a des personnes prioritaires à sa caisse prioritaire… (!)

Et si on facilitait la vie de ces personnes, notamment dans les GMS?

L’idée: ne pas avoir à se justifier auprès des personnes qui n’ont rien à faire dans les caisses prioritaires. Une personne handicapée se présente à la caisse d’accueil de l’hypermarché, et peut présenter sa carte d’invalidité, afin d’obtenir un jeton spécial (qu’elle remettra en fin de courses) pour retirer un des chariots dédiés aux personnes prioritaires. Ces chariots présenteraient un élément différenciant (couleur, petits drapeaux hauts ou autres) qui permettrait de localiser les personnes ayant moins de facilité que les autres, de faire attention à eux dans les couloirs du magasin, mais surtout, nous obligerait à faire preuve de civisme aux caisses prioritaires.

L’aspect négatif d’une telle idée est le risque d’un voyeurisme, et la peur de s’afficher. Mais si les personnes concernées ne voient pas d’inconvénients et qu’il faut passer par là pour que l’on devienne plus solidaires et mieux éduqués vis-à-vis des personnes ayant moins de facilité. Alors pourquoi pas.

Cela demanderait un petit investissement de la part des Grandes et Moyennes Surfaces, mais un acte citoyen n’a pas de prix…

Boîte à Idées

Et si on trouvait le « why » de la Martinique ?

01/07/2013

En novembre 2011, les agences AACC Caraïbes délégation Outremer (association des agences conseil en communication) ont organisé une conférence dans le cadre de la journée de la pub, animée par le président national de l’AACC, Frédéric WINCKLER, sous le thème : « Des marques qui en ont ».

Lors de son intervention, M. WINCKLER a exposé les 3 notions à développer afin de déterminer et communiquer sur une marque.

Le « what » : de quoi parle-t-on?

Le « how » : comment cela « fonctionne »?

Et le « why » : pourquoi est-ce que l’on crée, développe, et vend cette marque (ce produit) ?

Plusieurs grandes marques ont été prises à titre d’exemple pour étayer cette méthodologie appliquée : Apple, Google, Nike…

Au moment des questions/réponses quelqu’un du public a demandé : « Selon vous, les différents points abordés durant la conférence sont-ils applicables à la Martinique ? » Réponse de Frédéric WINCKLER : Oui! La Martinique peut (doit?) être considérée comme un produit, ou mieux, comme une marque! Mais il faut que la Martinique trouve son « why ».

Et si la Martinique trouvait son « why » ? Même si nous devrions tout d’abord, selon moi, trouver notre « what ».

Que sommes-nous ? Une île, parmi d’autres, dans le bassin caribéen, dont la langue officielle est le français, mais sur laquelle on aime parler créole (enfin, ça dépend…), avec un climat tropical, du soleil presque toute l’année, des plages , des montagnes, des rivières, et des forêts…

Nous sommes une île avec une histoire forte, riche, lourde, et des paysages uniques : le morne Larcher, la Montagne Pelée, le Rocher du Diamant, la Caravelle, le Morne Gommier…

Certains diront qu’il faut que l’on arrête de se prendre pour le centre du monde. Mais sachons reconnaître la beauté de notre île. Sachons reconnaître que la structure même de nos paysages, la différence qui existe entre le Nord et le Sud de l’île, le métissage de notre population… font que la Martinique est unique (autant que la Guadeloupe ou Sainte-Lucie…).

Une fois que nous avons reconnu cela, quel pourrait être notre « why » ? Pourquoi vendrions-nous la Martinique. Pourquoi quelqu’un choisirait la Martinique pour ses vacances plutôt qu’une autre destination « soleil » ?

N’ayons pas la prétention d’avoir la ou les réponses. Mais il doit y en avoir autant que d’anecdotes sur notre histoire, notre culture, nos traditions. Autant de réponses que de manifestations culturelles et musicales organisées sur l’île, autant que de produits artisanaux fabriqués dans le respect de la tradition ou dans l’innovation, faisant la fierté de notre savoir-faire , de restaurants et bars situés au bord de la mer ou cachés dans nos jolies campagnes, de personnes créant des entreprises et activités dans le domaine du loisir, de « sié dam bonjou ! » formulés une fois entré dans un lieu public, de sourires accueillant des personnes ayant l’envie et le plaisir de faire découvrir la Martinique à travers des choses simples comme le délice d’une canne dégustée, le rituel du ti-punch (rappelons que notre rhum est l’un des meilleurs, sinon le meilleur du monde) ou encore de notre merveilleuse façon de transformer nos fruits locaux en friandises, jus, liqueurs et sirops glacés ?… En fait, il s’agit de tout ce qui fait qu’il fait bon vivre en Martinique et que nous aimons notre île (malgré les points négatifs que l’on pourrait soulever).

Nous avons tant de choses à partager, tant de choses à valoriser, qu’il serait facile de trouver LES « why » de la Martinique. Il sera en revanche plus complexe de trouver une réponse unique, un seul axe, englobant tous nos avantages concurrentiels, le tout dans une synergie certaine. C’est pourtant vital, tout d’abord pour nous-mêmes, peuple Martiniquais. C’est juste une question de positionnement en terme de communication…

Le « why » de la Martinique, c’est une vision générale de notre île, partagée par la population dans sa globalité. Une vision qui porterait nos valeurs, nos ambitions et les détails qui font que nous aimons notre Martinique, un message, un concept, qu’il nous serait facile de véhiculer auprès des touristes qui viennent découvrir notre île…

Alors, trouver le « why » de la Martinique, on s’y met ?

 crédit photo: fotolia

 

 

Portraits

Focus sur Laura, fière d’être Martiniquaise!

20/06/2013

Un focus sur une jeune Martiniquaise ambitieuse et sympa qui adore son île. Ca fait toujours beaucoup de bien! Bonne lecture!!

Je m’appelle Laura, j’ai 23 ans, toutes mes dents et beaucoup d’ambition dans la vie et surtout pour la Martinique.
J’ai abandonné l’idée d’intégrer une école de commerce parce qu’une petite idée tenace me trottait en tête.

C’est ainsi que je suis rentrée au pays pour développer cette idée et valoriser mon petit caillou favori. La Martinique a énormément de secrets et de coins de paradis à découvrir. Par ailleurs, la plupart des Martiniquais adorent leurs pays et connaissent ces secrets et ces coins de paradis. L’idée est de permettre à tous d’en parler, de partager leur vision de la Martinique, pour que la tout un chacun puisse en profiter. Combinez ceci avec des bons plans, et vous disposerez d’un outil pour découvrir ou redecouvrir la Martinique !

Voilà, depuis le jour où je travaille pour développer cet outil, mon travail consiste à valoriser la Martinique, à la découvrir, pour partager mes découvertes avec tous, et j’adore ça !

J’aime sa diversité, dans les paysages, les gens qui y vivent, sa gastronomie, sa culture, son histoire…

L’un de mes plaisirs est de profiter d’une vue incroyable…dans mon rétroviseur !

J’aime beaucoup moins les retards qu’on accumule, sur le plan technologique notamment, ou dans les administrations ou tellement de choses pourrait avancer plus vite.

Avec mes photos, je cherche à partager des choses que j’ai vues et qui me touchent, dans leur simplicité ou dans leur ensemble complexe. D’ailleurs en dehors de mon APN je fais beaucoup de photos avec mon téléphone, qui est toujours à portée de main lors de ballades imprévues.

J’aime beaucoup photographier la nature, les plantes, les animaux,et les paysages… J’aime également travailler les ombres, les silhouettes.

Petit pays… Je t’aime beaucoup. Beaucoup. Beaucoup

J’ai grandi en Martinique, et j’en suis  fière !

Le site de Laura : www.zandooli.com

 

Boîte à Idées

30/60 jours. Et si on supprimait les délais de paiement ?

17/06/2013

Il y a un adage qui dit : « Les bons comptes font les bons amis ». En France, donc en Martinique aussi, vu les délais de paiement, nous ne devons pas avoir beaucoup d’amis…

En effet, les factures sont réglées en général à 30 jours fin de mois (donc 45 jours….), voire 60 jours. Sans compter les délais très longs de paiement des collectivités.

Notre tissu économique étant principalement composé de TPE (très petites entreprises), il est difficile pour elles de supporter des délais de paiement aussi long, surtout quand on réalise que le plus important pour cette forme d’entreprise, c’est une bonne trésorerie, au quotidien. C’est bien de faire du chiffre d’affaires, mais si c’est mieux d’être payé régulièrement et à temps.

Bon nombre de TPE dépose le bilan, faute de rentrées effectives d’argent, et donc les dettes qui s’accumulent, et un découvert qui se creuse, déclenchant le paiement d’agios. Une économie saine ne peut, selon moi, pas fonctionner avec des paiements à rallonge, surtout pour des TPE.

Et si on supprimait les délais de paiement?

Pas bête hein… Mon entreprise livre le service ou le bien pour laquelle elle a été sollicitée, et le chèque est prêt à la livraison, ou le virement est effectif (sur mon compte) au bout de 3 jours maximum. Idéaliste? C’est pourtant ce que nous faisons tous les jours en tant que consommateur.

Vous me direz: l’économie est basée sur ce système de paiement à 60 jours, il sera difficile, voire dangereux de détruire ce système en supprimant ces délais de paiement, surtout que peu d’entreprises pourraient appliquer le règlement comptant, puisqu’elles sont rentrées dans le cycle.

Justement, si elles ne peuvent pas payer comptant, c’est parce qu’elles-mêmes ne sont pas payées à temps… Pensons-y! Si les entreprises Martiniquaises connaissent aujourd’hui des difficultés (à payer les charges sociales et  fiscales par exemple), c’est parce qu’elles ont des problèmes de trésorerie, parce qu’elles ne reçoivent pas l’argent de leurs services rendus quand elles doivent le recevoir.

Il est vrai que les grandes entreprises et les grands groupes ne pourront peut être pas suivre. Et les collectivités, à cause de leur système administratif, ne pourront pas payer comptant (et pourtant…). Mais entre petites entreprises, il serait bon pour notre économie d’appliquer cette règle, afin de faire tourner notre économie de façon plus saine.

Pour finir, imaginez-vous, en tant que consommateur, payer vos courses 45 jours après, ou le coiffeur, le restaurant ou encore votre essence 30 jours après les avoir effectivement « consommés » (dans le meilleur des cas…). Pensez-vous que ces prestataires pourraient survivre? La réponse est non… C’est pour cette raison que nous payons « cash », dès que le service est rendu ou que les pots de yaourt sont dans le chariot, de l’autre côté de la caisse… Pourquoi ne serait-ce pas possible entre entreprises?

Alors, payer comptant pour permettre au TPE de fonctionner correctement pour notre le bien de notre économie, on s’y met?

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O comme Obsolescence (programmée)

11/06/2013

cwe-op-6Avez-vous remarqué que certains appareils chez vos parents ou grands-parents ont parfois votre âge?? Un lave-vaisselle, une centrifugeuse, une gazinière…

Et pourtant, quand vous avez acheté votre electro-ménager il y a (environ) 4 ans, vous pensiez qu’il durerait, et vous vous étonnez certainement que la machine à laver tombe déjà en panne, ou que le frigo ne refroidisse plus… Détrompez-vous, rien de moins surprenant. C’était prévu comme ça…

L’obsolescence programmée fait partie des us et coutumes des industriels.

Prêt à jeter

« L’obsolescence programmée regroupe l’ensemble des techniques visant à réduire délibérément la durée de vie ou d’utilisation d’un produit afin d’en augmenter le taux de remplacement ». C’est la définition donnée par le sénateur de l’Essonne.

Vous avez bien compris. Les industriels programment la mort des produits qu’ils vous vendent, afin que vous achetiez un modèle plus récent, plus vite. Si ce n’est pas la mort de l’appareil, c’est une panne à cause d’une pièce qu’il faut remplacer. Malheureusement pour nous, la garantie vient tout juste de se terminer (comme par hasard hein…), et la pièce vaut 90% du prix d’achat de l’appareil auquel elle appartient. Moralité, on achète un nouveau modèle, plus « moderne ».

Sauf que dans 3 ou 4 ans, on aura exactement le même problème.

Consommation

Le consommateur, pris dans le cercle de l’instantané – à l’heure des réseaux sociaux – et séduit par les publicités, est plus susceptible de remplacer plus rapidement un appareil si celui-ci est dépassé, ou n’intègre pas la dernière innovation. C’est son choix. Mais quand on l’y oblige, par cette obsolescence programmée, ou une garantie qui expire juste avant la panne, et le SAV qui coûte le prix d’achat de l’ancien ou du nouveau modèle, c’est un autre débat…

«Ce débat, c’est un appel à l’audace, face aux enjeux économiques, environnementaux et sociaux. L’obsolescence programmée est une aberration, une impasse, qui nous emmène droit dans le mur».

Environnement et économie

Une partie de l’économie est aujourd’hui basée sur cette obsolescence programmée. La supprimer de façon brutale pourrait avoir des conséquences désastreuses. Mais en ces temps de perte de pouvoir d’achat et de crise économique et sociale, le consommateur apprécie de moins en moins de dépenser « pour rien ».

Et puis, n’oublions la grande problématique du siècle: le développement durable. Ce n’est pas très durable tout ça… Parce qu’on jette plus souvent, et qu’on ne sait pas trop où jeter… je veux dire « recycler ». Et oui, il faut penser à la planète que l’on souhaite laisser à nos enfants.

Vous l’aurez compris, l’obsolescence programmée est selon moi, une des dérives du capitalisme, au dépend de notre porte-monnaie et de l’environnement. La quantité, au dépend de la qualité. Quand osera-t-on inverser la tendance ?

Boîte à Idées

Et si la qualité nous sortait de la crise?

31/05/2013

Contrôle qualitéMême si le blog prône l’excellence de façon générale, il est vrai que cette excellence ne pourra être atteinte sans cette volonté affichée et démontrée de faire de la qualité. Un échange de tweets avec @jpdereynal a inspiré cet article. « Les Outre-Mers son condamnés à la qualité! Nos petites capacités de production nous obligent à produire le meilleur ».

Une notion qui se perd

La qualité est définie dans le Larousse comme suit:

  • « Ensemble des caractères, des propriétés qui font que quelque chose correspond bien ou mal à sa nature, à ce qu’on en attend : Du papier de qualité moyenne. »
  • « Ce qui rend quelque chose supérieur à la moyenne : Préférer la qualité à la quantité.« 
  • « Chacun des aspects positifs de quelque chose qui font qu’il correspond au mieux à ce qu’on en attend : Cette voiture a de nombreuses qualités. »
  • « Trait de caractère, manière de faire, d’être que l’on juge positivement : Qualités morales. Des qualités de cœur. »

Le mot qualité a donc plusieurs définitions, qui ramènent toutes à une notion de jugement et d’attentes vis-à-vis des publics visés.

I bon kon sa…

Quand on entend qualité, on pense souvent certification (ISO 9001…) ou produit de luxe.  Ces dernières années, nous avons tellement axé sur la quantité, en défaveur de la qualité, que nous nous sommes accommodés à notre si célèbre « i bon kon sa » (les revendications de la grève de 2009 confirment mes propos…) Forcément, dans notre esprit de consommateur (et même celui de l’entrepreneur parfois), quand on parle de qualité, on se dit qu’il va falloir y mettre le prix.

Or, cette qualité commence, non pas par la fixation d’un prix, mais bel et bien par la volonté de proposer et vendre et un produit (un bien et/ou un service) bien fait, sous tous les angles, de A à Z.

La qualité: un levier économique pour nos territoires insulaires?

Quel que soit le produit, bien ou service que vous proposez, sa qualité commence par son intégration dans la boucle économique du territoire (au-delà de l’aspect financier). A quoi sert-il? Comment va-t-il servir la société? Ou l’économie? Est-il bien fait? Quels sont ses défauts? Comment puis-je pallier, améliorer ceux-ci?

S’il s’agit d’un service, l’accueil est-il accueillant (cette question est moins bête qu’elle n’y paraît…). Les collaborateurs sont-ils assez formés, ont-ils tous les éléments en mains pour conseiller au mieux les « consommateurs »? Le service après-vente est-il optimal? Est-ce que je prends le temps pour considérer les remarques, avis, satisfactions et mécontentements des clients/consommateurs/usagers pour améliorer mon produit/services?…

Nos territoires nous obligent effectivement, inévitablement, à produire des petites quantités. Nos unités de production n’ont pas la capacité de produire à grande échelle. Nos produits, par exemple (le rhum, le sucre, le grand arôme, nos confitures, confiseries, sirop…) deviennent alors des denrées « rares ». Il parait que ce qui est rare est précieux, voire cher…

Le secteur tertiaire répond aux mêmes problématiques! Prenons l’exemple des NTIC. Notre insularité nous oblige à trouver des solutions et alternatives afin de travailler avec le national et l’international, et donc d’exporter nos savoir-faire, avec ce détail qui peut être un facteur concurrentiel non négligeable: le décalage horaire. (Et oui, ce petit plus qui nous semble parfois être un handicap peut devenir une véritable force, et ajoute à la qualité des services rendus…) On en parle dans un prochain article.

La qualité d’un territoire : la mise en commun des qualités individuelles

Comme une forêt est composée de plusieurs arbres, la qualité de nos territoires ne passera que par la volonté tout d’abord individuelle de chacun d’être excellent dans ce qu’il fait. Que ce soit pour la finalisation de votre mémoire de fin d’études, la rédaction de votre CV, la réparation de la voiture qui est confiée à votre garage, la satisfaction des papilles du couple venu dîner dans votre restaurant en amoureux, le moment magique que vous ferez passer à cette famille venue en week-end dans votre hôtel,  la considération que vous aurez et l’empathie dont vous ferez preuve auprès des patients de l’hôpital dans lequel vous travaillez, le bon accueil des administrés de votre collectivité, l’envie et la volonté d’être le meilleur rhum du monde… Juste pour le plaisir de pouvoir se dire: quand je fais quelque chose, je le fais bien (avec toutes les bonnes répercussions sociales et économiques que cela engendre…)

Alors, tirer nos territoires, en particulier la Martinique vers le haut, en faisant d’elle une île de qualité, dans tous les sens du terme, on s’y met?