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Portraits

Léa, Femme engagée

11/03/2016

Qui es-tu Léa?
Vaaaste question! je vais tenter d’y répondre le plus simplement que possible ☺. Âgée de 28 ans, je suis née à Paris dans le XIIème arrondissement, d’un père martiniquais et d’une mère guadeloupéenne. J’ai grandi en Martinique entre le François et le Lamentin. Très attachée à mes cultures – cette expression me tient à cœur – je suis martiniquaise, guadeloupéenne, caribéenne, française et européenne. Toutes ses influences m’ont modelée et j’ai fini par accepter qui je suis sans peur des libellés.

2. Quel est ton parcours personnel et professionnel?
Partie étudiée à 19 ans en France Hexagonale j’ai pu me perfectionner dans des domaines qui me passionnaient sans contraintes. Les trois principaux sont le commerce international, la communication et le tourisme. J’effectue actuellement un Master 2 en Tourisme Durable et aménagement dans la faculté d’éco-droit sur le campus de Schoelcher de l’université des Antilles.
J’ai fait pléthore de petits boulots cela va d’hôtesse d’accueil à tutrice de formation en passant par l’enseignement et le tourisme.

3. Tu es engagée bénévolement auprès d’associations. Pourquoi cet engagement bénévole? Et pourquoi ces associations ?
Mon engagement trouve son fondement dans l’aide à l’Autre. J’ai pris conscience assez tôt d’être privilégiée. Pas dit riche, mais bien privilégiée.
Des parents aimants, de la nourriture, un endroit sûr où vivre, la possibilité de m’épanouir et d’étudier ce qui me passionne, toutes ces petits choses que l’on considère comme acquises. Ayant eu tout cet amour, je me suis dit qu’il était un devoir pour moi de le redistribuer en aidant d’autres personnes, comme moi même, qui eux n’avaient pas forcément eu toutes les cartes que j’ai eu.

4. Quel regard portes-tu sur le bénévolat aujourd’hui?

À mon sens lorsque l’on fait du bénévolat notamment dans l’action social et l’humanitaire, il est important de garder à l’esprit qu’en face de soi, l’on a des femmes et des hommes, dans une mauvaise passe à un moment précis de leur vie mais que demain est un autre jour et que cela ira mieux.
La notion d’humanité est pour moi primordiale pour comprendre pourquoi le bénévolat est de plus en plus plébiscité. Certaines couches de la société qui n’avaient jusqu’alors aucune idée du besoin ou de la détresse qui les entourait la voient de leurs propres yeux.
En Martinique le lien social a toujours été très fort, dans le quartier, dans l’immeuble, le fait de vivre ensemble nous permet de savoir qui est dans le besoin et généralement l’aide est juste comme il faut sans chichi et sans compteur. Cela fait partie de notre ADN, mais je suis une éternelle optimiste et je me raccroche à l’idée que cela existe toujours ;-).

5. Depuis combien de temps es-tu bénévole?
C’est lors de mon arrivée au Lycée que j’ai commencé à m’investir (beaucoup trop au goût de mes parents) dans le milieu associatif tout d’abord. Le bénévolat dans le domaine social et humanitaire est revenu dans mon parcours de vie lorsque j’ai décidé de m’établir en Martinique il y a un peu moins de 2 ans.

6. Parles-nous des associations auprès auxquelles tu es engagée, des expériences professionnelles et personnelles que tu as vécues, et ce que tu en retiens.
Les deux associations dans lesquelles je suis engagée sont Jahaïr et Soulajé Difikilté Frew – SDF. L’action de Jahaïr est essentiellement centralisée sur Haïti, où on aide, depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010, un petit village qui se situe dans l’Artibonite, le village Noé. Les membres de l’association font régulièrement des actions, en Martinique, afin de récolter des fonds pour permettre au village d’avoir de l’eau, de maintenir l’école ouverte pour les enfants du village, et prochainement un dispensaire doit être mis en place.
Un documentaire a d’ailleurs été tourné sur la dernière mission de Jahaïr en partenariat avec l’école ILERI de Paris, « Chimen Lanmou » de Yannis SAINTE-ROSE. Jahaïr n’est pas la seule association a aider ce village, l’action est multiple et donc plus forte.
Concernant SDF l’action est uniquement sur la Martinique, et c’est une association qui a pour but d’aider les acteurs qui agissent déjà en faveur des personnes en situation. On retrouve dans nos partenaires l’ACISE Samu sociale, ou en encore le CRC en mettant à disposition des bénévoles notamment. À terme l’action de SDF s’articule autour de deux grands projets :
– un food-truck qui permettra une réinsertion par le travail ;
– une plate-forme collaborative permettant à tout un chacun de rentrer en contact avec n’importe quelle association martiniquaise qui aurait besoin de bénévoles.

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Je suis juste membre de Jahaïr, mais j’ai pu vivre une expérience exceptionnelle, avec cette association j’ai pu réaliser un de mes rêves, aller à Haïti. La mission humanitaire n’a duré qu’une semaine, en février 2014, c’est d’ailleurs lors de cette mission qu’a été tourné le documentaire dont je parlais précédemment. J’ai eu le privilège de pouvoir participer à l’aide apportée au village en ramenant tout le matériel collecté des mois durant par les bénévoles en Martinique et sur Paris. Avoir le privilège de fouler cette grande terre d’Histoire, de rencontrer des haïtiens remplis de joie de vivre, je sais que cela fait cliché mais c’est Tellement Tellement Vrai!

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J’ai été la chargée de communication de SDF durant un peu plus de 18 mois. Ce type d’expériences est toujours fort en émotion, car on se donne à fond et on croit à tous les projets mis en place; mais certaines fois la vie nous rappelle à des obligations et j’ai du arrêter car ce poste demandait une grande disponibilité que je ne pouvais plus donner (j’ai repris mes études en Master 2 en septembre 2104).
« Savoir donner, s’investir, sans s’oublier !» voilà ce que j’ai appris lors de mes différentes expériences de bénévolat. J’essaye d’utiliser cette apprentissage partout dans ma vie.

7. Si tu devais formuler une idée, une réflexion, commençant par « Et si… » quelle serait-elle?
Et si l’action devenait le moteur premier. Attention je ne dis pas que la réflexion n’a pas sa place, mais le « Il faut » ou le « il faudrait » devrait être banni de nos vocabulaires.
Et si on s’asseyait pour créer le plan d’action pour aider ne serait-ce qu’un peu l’ensemble des êtres vivants de notre planète.

8. Un dernier mot?
Le bénévolat est une des formes que votre aide à l’Autre peut prendre, mais un regard, un sourire, porter les sachets d’une personne âgée, cela aussi peut nous rendre l’humanité si fragile qui nous lie.
Où que vous soyez, vous pouvez aider !